Le statut nutritionnel des enfants et adolescents en France : comment l’améliorer ?

Le statut nutritionnel des enfants et adolescents en France : comment l’améliorer ?

Durant l’enfance, avoir une alimentation équilibrée qui couvre ses besoins nutritionnels revêt une importance toute particulière, non seulement pour permettre une bonne croissance et un développement normal, mais aussi pour mettre toutes les chances de son côté pour sa santé future. Pourtant, les données montrent que cette situation idéale est un phénomène relativement rare en Europe1, des insuffisances d’apports et des risques élevés de déficience étant notamment rapportés en France.

Apports observés en micronutriments

Alors que les résultats de l’enquête nationale INCA32 sont en cours de finalisation et qu’il sera intéressant de voir l’évolution de la situation nutritionnelle en France, le tableau 1 ci-après décrit les apports moyens observés dans l’enquête INCA23 chez les enfants et adolescents, ainsi que la proportion de sujets en dessous des recommandations et à risque élevé de déficience (apport moyen inférieur à l’apport nutritionnel minimal de référence ou « LRNI »).

Les insuffisances d’apports semblent particulièrement marquées pour la vitamine D, le fer et le calcium. La proportion d’enfants et adolescents à risque élevé de déficience est comprise entre 58% et 84% pour la vitamine D, en accord avec les chiffres rapportés dans d’autres études4,5. Elle atteint respectivement près de 30% et 15% chez les adolescentes pour le fer et le calcium. Elle est plus proche de 5% pour les vitamines du groupe B mais peut atteindre 8 à 12% pour les vitamines B2, B9 et B12 chez certaines tranches d’âge.

Tableau 1 : Apports journaliers observés en vitamines et minéraux chez les enfants et adolescents en France (enquête INCA2)

Moy. : Apport journalier moyen observé. RNI (« Recommended Nutrient Intake ») : Apport journalier recommandé en Europe, permettant d’assurer la couverture des besoins de quasiment l’ensemble (97,5%) de la population ; il est calculé en ajoutant 2 écarts-types à la valeur estimée du besoin nutritionnel moyen. LRNI (« Lower Reference Nutrient Intake ») : Apport nutritionnel minimal de référence en Europe, permettant d’assurer que seuls 2,5% de la population couvrent ses besoins ; il est calculé en déduisant 2 écarts-types à la valeur estimée du besoin nutritionnel moyen.

Les chiffres en rouge indiquent une situation sérieuse de déficit d’apport dans la population.

Les données complètes sont disponibles sur www.kelloggsnutrition.com/fr

Corriger les insuffisances d’apports

Une alimentation variée et équilibrée doit permettre de corriger les insuffisances d’apports observées. Toutefois, l’évolution des modes de vie, le manque de connaissance et les contraintes économiques peuvent constituer un frein à de bonnes habitudes alimentaires.

Alors que l’on observe une légère diminution de la fréquence de prise régulière du petit déjeuner chez les enfants et les adolescents en France6, il est essentiel de rappeler l’importance de la structuration des repas et de la prise régulière d’un petit déjeuner équilibré le matin. En outre, les aliments de haute densité nutritionnelle sont à privilégier au cours des repas7. Les aliments enrichis peuvent, à ce titre, jouer un rôle intéressant.

Enrichies depuis de nombreuses années, les céréales du petit déjeuner constituent en France la 1ère source de fer et de vitamines B1, B3, B5, B6 et B9 (2ème source pour la vitamine B2) des enfants et adolescents qui en consomment, contribuant à hauteur de 17 à 25% des apports journaliers observés3. Elles favorisent la consommation de produits laitiers et les apports de calcium associés. Depuis plus récemment, certaines d’entre elles sont enrichies en vitamine D. Un bol de céréales pour enfants apporte typiquement ¼ de l’apport de référence (AR) en vitamine D. Une façon simple et efficace8 d’aider à pallier les importants déficits d’apports observés !

Références:

  1. Mensink GBM, Fletcher R, Gurinovic M, Huybrechts I, Lafay L, Serra-Majem L, Szponar L, Tetens I, Verkaik-Kloosterman J, Baka A, Stephen AM. Mapping low intake of micronutrients across Europe. British Journal of Nutrition 2013; 110: 755-773.
  2. Etude INCA3 : Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 3, ANSES (2014-2015).
  3. Etude INCA2 : Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2, AFSSA (2006-2007).
  4. González-Gross M, Valtueña J, Breidenassel C, Moreno LA, Ferrari M, Kersting M, De Henauw S, Gottrand F, Azzini E, Widhalm K, Kafatos A, Manios Y, Stehle P. Vitamin D status among adolescents in Europe: the Healthy Lifestyle in Europe by Nutrition in Adolescence study. Br J Nutr 2011 Aug; 17: 1-10.
  5. Rapport de l’Académie Nationale de Médecine, 2012 : Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D Rapport, conclusions et recommandations.
  6. Etude CCAF 2013 : Comportements et Consommations Alimentaires en France, CREDOC.
  7. Ambrosini GL (2014) Childhood dietary patterns and later obesity: a review of the evidence. Proc Nutr Soc 2014 Feb; 73(1): 137–146.
  8. Black LJ, Seamans KM, Cashman KD, Kiely M. An Updated Systematic Review and Meta-Analysis of the Efficacy of Vitamin D Food Fortification. J Nutr 2012 ; 142: 1102-1108.